INTERVIEWS ET ARTICLES EN FRANÇAIS

 

 

 

LE PARISIEN
Mercredi 28 Avril 2010


Fini, notre monopole des grandes tables

VINCENT MONGAILLARD | 28/10/2010, 07:00
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Bien sûr, aucun gourmet ne fera la grimace en goûtant à la gastronomie française. Mais il faut bien s’y résoudre, on n’est plus les seuls sur terre à atteindre l’excellence aux fourneaux. En... (lire la suite)


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LE NOUVEL OBSERVATEUR
Jeudi 22 Juin 2006


L'assiette catalane: Oursinades ou concours de saucissons, la « cuina catalana » est un authentique voyage jalonné de fêtes gastronomiques et populaire. Il y a gastronomie lorsqu'il y a permanente querelle des Anciens et des Modernes », écrivit Jean-François Revel. Les Catalans ont préféré négocier, comme à leur habitude, très à l'aise devant la ribambelle de fêtes plus ou moins folkloriques, aux accents gastronomiques, mais restées toujours populaires, sans dédaigner cette cuisine numérique sortie voici vingt ans d'el Bulli.
 

 

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LA VANGUARDIA
17.07.2007


ENTREVISTA  Arnold I. Davidson, nuevas tendencias del pensamiento contemporáneo
“¿Filosofía?: una forma de vivir”/ Arnold I. Davidson et le rôle de la philosophie dans la vie quotidienne

Dans un entretien mené par Oscar Caballero et Josep Massot, le philosophe américain Arnold I. Davidson considère que "la philosophie, en tant qu'exercice spirituel est une pratique sur soi-même, une action sur un moi qui change. (...) Cela implique une transformation, une tentative de relier l'éthique et la pratique sur soi-même. C'est une esthétique de l'existence, pour vivre une vie nouvelle et belle. (...) La philosophie doit entrer dans la vie quotidienne pour transformer tous ses aspects. (...) Les écrivains ont mieux compris cela que les philosophes. (...) Dans 'Si c'est un homme', Primo Levi expose que le concept du bien et du mal suppose toujours un contexte, mais dans un camp de concentration il n'y a pas de contexte évident, et en conséquence on doit imaginer le monde d'une autre façon. Primo Levi (...) nous montre le monde d'un autre point de vue. La philosophie doit réapprendre cette tâche en prenant exemple sur les romanciers, poètes, artistes, musiciens."


Espagne | 04.07.2007

Julio González, pionnier de la sculpture du XXe siècle 
Oscar Caballero se réjouit que le Centre Georges Pompidou, à Paris, consacre une exposition au sculpteur catalan Julio González (1876-1942), qui a vécu en France une grande partie de sa vie. "Pionnier, avec Brancusi, de la sculpture du XXe siècle, il a transformé en art l'artisanat du travail du fer; indifférent aux frontières entre cubisme et surréalisme, l'art figuratif et abstrait, le barcelonais Julio González était un athlète - dessinateur, peintre, sculpteur - qui a influencé les plus grands. (...) [L'exposition montre] Des premiers exemples de son talent d'orfèvre aux excellents dessins de la fin de sa vie : en 1942, la sculpture était impossible en raison du manque de matériaux. En plus des dessins de Roberta González [sa fille], peintre talentueuse mais mal connue, des documents et des peintures, et le bronze et le fer qui alternent, on peut voir la 'Tête en profondeur' (1930), première oeuvre d'art du XXe siècle classée en France comme 'trésor national'."
 
Espagne | 09.01.2006


Integral Beckett/Le centenaire de la naissance de Beckett
A l'occasion du centenaire de la naissance de Samuel Beckett (1906-1989) commémoré à Paris, le quotidien dresse un portrait de ce romancier et dramaturge. "Ce lauréat irlandais du prix Nobel, un homme renfrogné qui refusait toute référence à une identité nationale, était rétif aux interviews - il n'en a jamais donné à la télévision -, a été résistant [lors de la deuxième guerre mondiale] dans une France qu'il avait choisie à cause de la confortable neutralité de l'Irlande. Il a accompagné dans leurs dernières heures sa mère et ses deux frères, et a ensuite pris en charge financièrement leurs enfants, a milité pour la défense des droits de l'Homme en Algérie, contre l'emprisonnement d'Arrabal et celui de Havel, et, avec l'argent du prix Nobel, a financé des projets théâtraux ardus, des peintres, des poètes."
 

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Interview d'Oscar Caballero, journaliste à la Vanguardia par Béatrice Rescalat
 

 
—         Quelle image a le public français du flamenco ?
O.C. :     Le flamenco vu de France porte un regard qui préfère l'exotisme, et qui a tendance à l'emprisonner dans un passé réducteur et immuable. J'en veux pour preuve le film de Dominique Abel sur Agujetas, qui a été diffusé sur France 3. Le cinéaste fait davantage le portrait de l'archétype du chanteur de flamenco, en insistant sur ses racines gitanes, sa virilité, son côté un peu voyou, plus que sur son style et sa qualité d'interprète. Soit on parle du flamenco, soit on parle de sociologie. De plus, la réalité gitane en Espagne est tout à fait différente de cette image d'épinal. Les familles gitanes ont beaucoup évolué socialement et culturellement.
              Je refuse l'étiquette de flamenco = gitan, je suis contre le racisme anti-gitan et contre le racisme des Gitans. Le flamenco n'appartient pas aux Gitans. C'est une musique que les Gitans ont su garder et pratiquer mieux que d'autres, mais il existe également de grands artistes de flamenco qui ne sont pas Gitans, comme le cantaor Miguel Poveda, qui appartient à la jeune génération du flamenco catalan, et bien sûr, Antonio Gades, qui lui est d'Alicante.
              Le flamenco souffre à l'étranger, et peut-être même en Espagne, d'une image à la fois dépréciée et méprisée, et paradoxalement sa force d'expression véhiculée par ses archétypes, le sclérose et enferme la vision qu'on en a. On ne considère pas le flamenco comme une musique européenne, mais comme une musique régionaliste andalouse qui appartient à une Espagne exotique et archaïque, alors qu'on n'enferme pas la pop à Liverpool par exemple.
 
—         À quoi et due cette image passéiste, régionaliste, qu'on a du flamenco ? Est-ce que se sont les médias qui véhiculent cette image ?
O.C. :     Les médias n'existent pas. Le marché mondial du disque de flamenco ne représente que 500 000 exemplaires vendus par an.
              Les médias français ne s'occupent ni de toros, ni de flamenco, parce que c'est mal vu. En Espagne, c'est la même chose. Le flamenco et la tauromachie n'intéressent presque que les initiés.
 
—         Comment expliquer, alors, ce phénomène de mode pour le flamenco ?
O.C. :     C'est un phénomène de loisir, de distraction. En France, un loisir ne doit pas être idiot, on doit lui trouver une justification culturelle.
              On peut alors se demander d'où vient l'amour pour le flamenco ? Peut-être pour les mauvaises raisons liées à ces archétypes dont on parlait tout à l'heure : la virilité de l'homme, la sensualité de la femme, la movida.
              En Espagne, à Jerez, un des berceaux du flamenco, la pratique est toute autre. Le flamenco pratiqué par des non professionnels fait partie de leur vie, c'est une façon de vivre. Le flamenco ne se donne pas en spectacle.
              Ce même rapport avec la musique existe avec le Carioca de Rio de Janeiro, par exemple.
              On est ici très loin de l'esthétique conventionnelle du flamenco, telle qu'il est représenté et enseigné hors d'Espagne.
              Même en Espagne, les pratiques sont différentes, si l'on vit à Jerez, Séville ou Madrid.
              A Jerez l'ambiance est familiale, on chante après le travail dans le "bistro" du coin.
              À Séville, qui est une grande ville, la pratique du flamenco est plus atomisée. Il se donne en spectacle dans des lieux spécifiques.
              Madrid est la grande capitale du flamenco. La Catalogne est un autre pôle culturel important du flamenco.
              La France a joué elle aussi un rôle important pour la diffusion du flamenco, un point de vue historique et sociologique.
              Certains Espagnols ont fui l'invasion napoléonienne et se sont implantés à Bordeaux par exemple. Les républicains plus tard, après la guerre d'Espagne, se sont réfugiés à Toulouse.
              Ils ont véhiculé une culture du flamenco qui était plus proche de la rumba et des sévillanes, que du chant profond.
              La diffusion s'est poursuivie par la suite, grâce à la naissance du tourisme, qui n'a fait que renforcer l'image d'épinal de l'Espagne et du flamenco.
 
—         Est-ce que l'image du flamenco est la même dans les autres pays d'Europe ?
O.C. :     La réception du flamenco en Allemagne, par exemple, est plus réduite en nombre, mais plus profonde, dans le sens où l'Allemagne institutionnelle a fait moins que la France pour les spectacles mais mieux que la France pour la formation. L'aide gouvernementale allemande va davantage aider la pratique musicale individuelle, que la promotion de spectacles.
              À la différence de la France où tout est centralisé à Paris, par la rue de Valois, l'Allemagne est un pays fédéral où chaque région développe son action culturelle propre.
 
—         Comment le flamenco est-il perçu en Espagne par les institutions ?
O.C. :     Dans les années 60-70, le côté populaire du flamenco était considéré comme quelque chose de franquiste par les progressistes.
              Après la mort de Franco, le flamenco avait "une double vie", c'est-à-dire qu'on pratiquait une musique pour touristes jusqu'à minuit, et ensuite, lorsque les touristes avaient quitté les lieux de spectacle, on pouvait entendre du vrai flamenco. Cela n'intéressait qu'un cercle très restreint.
              Ce même phénomène se reproduit à l'heure actuelle, depuis une dizaine d'années à Madrid.
              En ce qui concerne la jeune génération de musiciens gitans, ils ont su incorporer des rythmes du flamenco à d'autres musiques comme le rock par exemple, ou à n'importe quelle autre musique, le rythme étant l'essence même de la musique. Cela permet une sorte de transversalité, d'unifier et de faire se rencontrer les différentes générations du flamenco, au sein des pratiques et d'échanges familiaux.
 
—         Est-ce que le gouvernement espagnol subventionne de nombreux spectacles de flamenco ?
O.C. :     Il en subventionne peu, étant donné que le flamenco est davantage considéré comme appartenant à une tradition culturelle, plutôt qu'à un langage artistique à part entière.
              Le public du flamenco est beaucoup plus important en Andalousie qu'à Saint-Sébastien, par exemple.
              Les plus grosses subventions sont allouées au secteur du tourisme. Cela se traduit par des spectacles de flamenco abâtardis dans les hôtels internationaux.
              Le milieu du flamenco est très petit, et les artistes vivent de spectacles et d'enregistrements. Ces dernières années ont été bénéfiques pour eux.
 
—         Comment expliquer alors son essor, sans ces aides financières ?
O.C. :     Je crois que cela est dû à la puissance, à la force expressive du flamenco, qui lui offre une marge de développement immense. Il n'existe pas au monde d'autre forme d'expression aussi puissante.
 
—         Quels sont les réseaux de diffusion du flamenco en Espagne ?
O.C. :     Il n'y a rien d'institutionnaliser. Une série d'émissions intitulée Rite et Géographie du chant, de la guitare et de la danse flamenco était diffusée sur la deuxième chaîne de la télévision espagnole en dernière partie de soirée. C'était l'équivalent des émissions de Bernard Pivot, si vous voulez.
              Le flamenco est le laissé pour compte. Une programmation de festival de danse par exemple, pensera en premier à inviter Pina Bausch, plutôt que Cristina Hoyos.
              Il ne faut pas oublier également que l'Espagne fonctionne par ses gouvernements autonomes.
              Même dans des festivals privés internationaux comme celui de Catalogne, des artistes de flamenco comme Gades ou Paco de Lucia, sont invités pour "boucher" une programmation. C'est aussi une affaire de goût, chaque région est sensible à une musique en particulier.
 
—         Qu'en est-il des festivals de flamenco en Espagne ? Génèrent-ils une grosse industrie ?
O.C. :     Il y a une tradition de festivals pour le flamenco, de tout temps, et l'industrie a puisé en eux sa source pour trouver de nouveaux produits. Cette tendance a été accrue par la mondialisation de la musique.
              Mais, un phénomène curieux subsiste : vous avez différentes classifications de musiques par exemple au Midem : rock, pop, classique, jazz et musiques du monde, et le flamenco est rangé dans cette dernière catégorie. Mais comment peut-on dire à Cannes qu'une musique qui est à une heure d'avion est une musique du monde ?
              Ceci est peut-être la décision, l'initiative d'une certaine intelligentsia.     Cela fait partie d'un jeu idiot. C'est parce que Libération colle l'étiquette "World music" pour parler du flamenco.
 
-            Quelle est la diffusion du flamenco en France ?
O.C. :     Il y a quelque chose d'exemplaire, c'est la collection qu'a créé Frédéric Deval : Auvidis. Énormément "d'aficionados" espagnols achètent des disques de chez Auvidis. La sélection d'artistes est étonnante.
              Il y a ensuite les "peñas" dont le fonctionnement artisanal ne peut pas rivaliser avec la grosse industrie des scènes théâtrales parisiennes.
              Blanca Li a fait beaucoup pour le flamenco, même si elle est chorégraphe contemporaine, c'est une "flamenco", dans le sens où le flamenco, c'est une façon de vivre.
 
—         Pensez-vous alors qu'il est difficile d'intéresser la programmation de théâtres, comme celui des Champs-Elysées ?
O.C. :     Non, ce n'est pas difficile, mais le problème est que le flamenco est quelque chose qui n'est pas défini : est-ce une musique populaire, une musique liturgique, une musique ethnique ? Les programmateurs sont ignorants du flamenco et, de ce fait, leurs programmations souffrent de monotonie.
              La programmation se fait au sein d'un circuit fermé, ou bien est le reflet du théâtre subventionné en France : « tu me programmes, je te programme ».
              La programmation d'un théâtre subventionné est faite une année à l'avance. Même si un spectacle a un succès retentissant, il ne pourra pas être prolongé, puisqu'il faut s'en tenir à la grille de programmation.
              Pour un théâtre semi-privé, comme celui des Champs-Elysées, des impératifs financiers l'obligent, par exemple, à programmer le chanteur Duquende en janvier parce que c'est un mois creux, et pour les fêtes de fin d'année, il programme du flamenco, pour son côté festif.
              Du 15 décembre au 2 janvier à Paris, le public est provincial ou étranger et recherche du divertissement. Il va voir par exemple Sarah Baras en pensant voir quelque chose d'exotique, alors que son spectacle est beaucoup plus complexe et profond. Le public est trompé dans un certain sens.
 
—         Ne pensez-vous pas qu'une campagne médiatique peut orienter le regard du public ?
O.C. :     Je ne pense pas. La critique de cinéma, il y a 25 ans, pouvait faire la réussite d'une film, aujourd'hui plus personne ne lit les critiques. Ce qui marche, c'est le bouche à oreille.
 
—         Existe-t-il un producteur français pour les spectacles du "Flamenco en France" ?
O.C. :     Cela se fait d'une façon artisanale. Par exemple, Frédéric Deval, fondateur de "Flamenco en France" et directeur de recherche pour les musiques improvisées à l'abbaye de Royaumont connaît personnellement Enrique Moriente, et c'est donc lui qui le fera venir en France.
              Il ya eu un homme tout puissant en Espagne : Pulpón qui avait la mainmise sur toute la diffusion du flamenco. Mais heureusement aujourd'hui les Gitans sont cultivés, et défendent leur propre intérêt.
 
—         Y a-t-il un label flamenco dans l'industrie du disque ?
O.C. :     Il y a surtout énormément de remastérisation, ce qui fait qu'il n'est pas possible pour un non initié de faire la différence entre un enregistrement ancien ou récent.
 
—         Que pensez-vous du flamenco fusion ?
O.C. :     Il pourrait y avoir une rencontre fructueuse entre les musiciens flamenco et les musiciens cubains, argentins ou colombiens, puisqu'ils sont tous inspirés des rythmes de "ida y vuelta"
. Mais à mon avis, le flamenco a encore besoin de se connaître lui-même, avant de fusionner avec d'autres musiques.
 
 
—         Le flamenco a-t-il connu sa révolution culturelle à l'exemple du jazz ?
O.C. :     Pas tout à fait. Le problème est le manque de communication et de transmission culturelle en général en Espagne.
              Les Espagnols ne sont pas enclins à théoriser et à réfléchir sur ce qu'ils font, sur leur culture, à la différence des Français. Il y a très peu, par exemple, de Romans sur la tauromachie, ou de livres sur le flamenco, qui fassent référence. Par contre, les Espagnols peuvent passer plusieurs heures à discuter, à débattre, même sur un point précis, entre amateurs. C'est au cours de ces discussions informelles, que l'on apprend énormément de choses historiques et culturelles, à travers les expériences, les récits et les avis des uns et des autres.
              Pedro Bacan était l'un des rares guitaristes de flamenco à être aussi théoricien de son art. C'était également quelqu'un de très cultivé, qui avait une vision sur le flamenco, et qui s'est nourri de rencontres avec des musiciens classiques par exemple.
              Je l'ai bien connu, et il me disait toujours que c'était à l'étranger, plus qu'en Espagne, qu'il discutait des problèmes esthétiques ou culturels du flamenco.
              Pour en revenir aux problèmes de culture et d'images, même Gades n'était pas reconnu comme un chorégraphe, mais comme un chorégraphe et danseur de flamenco. Il s'est beaucoup produit au théâtre de Paris. S'il s'était produit au Châtelet par exemple, là où se produit Pina Bausch, on l'aurait reconnu différemment.
              La raison, à mon avis, est encore une fois due à l'étiquette de musique du monde que l'on colle au flamenco, au lieu de parler de musique européenne. On n'a jamais parlé, par exemple, des Ballets russes de Diaghilev, comme un phénomène folklorique russe !
              Gades aurait pu faire changer les choses, mais c'est un cas isolé.
              Il y a aujourd'hui, dans les spectacles de flamenco, une "épidémie de zapateado". Les non-Espagnols, comme les Espagnols de la diaspora, qui eux, par manque de culture flamenca, sont "bluffés" par ces exercices de virtuosité. Il faut aussi ajouter que le lieu, la salle prestigieuse des Champs-Elysées par exemple, où se produisent ces artistes, ajoute à la fascination du public, qui est inconsciemment ou non guidé dans sa réception et son jugement du spectacle.
              La question de la virtuosité, et de l'honnêteté ne se pose pas seulement pour les artistes de flamenco, mais pour n'importe quel artiste.
              Dans le cas du flamenco, les artistes n'ont pas toujours la culture nécessaire, pour savoir adapter leur interprétation au public et au lieu où ils se produisent, eux aussi sont victimes de ce manque de communication, et d'éducation dont en parlait tout à l'heure.
              Certains, pour plaire au public, vont, pour emprunter un terme de la tauromachie, "torear de pueblo", c'est-à-dire chercher l'artifice.
 
—         Y a-t-il des lieux plus adaptés que d'autres pour accueillir un spectacle de flamenco ?
O.C. :     Je vous répondrai par une anecdote : une amie hondurienne de passage à Paris, avait été invitée à un spectacle de salsa dans la capitale. En rentrant dans la salle de spectacle, elle s'était étonnée des rangées de chaises et s'était écriée : « Comment, on va écouter de la salsa assis ! ».
              C'est la même chose pour le flamenco, la salle doit participer au spectacle.
              De plus, les programmateurs ne respectent pas le flamenco, comme ils ne respectent pas le tango. Ils classent ces musiques comme dans un répertoire exotique.
 

Lexique      
*Ida y vuelta : "aller-retour", se dit des chants et danses hispano-américains qui ont traversé l'Atlantique dans les deux sens pour revenir s'implanter en Espagne et dans le flamenco.
 

*Zapateado : technique de danse qui consiste à frapper le sol rythmiquement avec la pointe et le talon des chaussures.
 
Depuis 2003 et son mémoire Flamenco, problèmes de représentation, Béatrice Rescalat est tombé dans la marmite du flamenco et a fini par écrire un ballet dont la version définitive, avec  chorégraphie de Jabier Latorre et musique du compositeur Enric Palomar, a été synthétisé dans un visuel de 5 minutes, clé de voûte pour obtenir le financement.
 
"Je ne me décourage pas!", assure Rescalat, malgré la crise.
 
Si le lecteur a une âme de mécène...
 

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